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la décadence
européenne.
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à la question
Avec un peu d'ironie, je dirais que, ainsi posée, la question
de la prétendue "décadence" des démocraties
européennes à de quoi réveiller la sagacité
d'un énarque. N'étant pas moi-même issu d'une
grande école de l'Etat, ma réponse sera pragmatique
et fidèle à mes convictions européennes, écologistes
et fédéralistes. Car seule la réalité
peut donner du sens à l'action politique. La réalité,
c'est que la France est devenue un petit pays, qui ne peut plus
compter sur sa seule renommée pour exprimer des valeurs universelles,
ni sur sa seule puissance - supposée ou réelle - pour
affirmer une direction économique.
C'est l'Europe qui doit prendre le relais. Ceux qui rejettent cette
idée à priori se fâchent inutilement avec l'Histoire
; leur discours est vain. L'Europe en tant que construction politique
permanente pour l'avenir représente, selon les Fédéralistes,
l'oeuvre à poursuivre pour sortir de la "décadence",
si tant est que "on" (pour reprendre l'intitulé
de votre question) puisse définir ce terme fourre-tout.
Vous comprendrez donc que je m'attache ici non pas à la situation
franco-française mais à cette ambition européenne,
qui est aujourd'hui - selon moi et ma famille de pensée -
le meilleur argument pour tirer vers le haut ces valeurs de la démocratie
que nous avons collectivement fondées, et qu'il faut développer
ensemble, n'en déplaise aux réactionnaires de droite
et de gauche qui rêvent encore à la "grandeur
de la Nation" et au "patriotisme économique".
La décadence niche parfois dans les ressentiments passéistes...
Or donc, pour la famille fédéraliste que j'ai la chance
de représenter dans cette pré-campagne présidentielle,
le constat européen est à la fois triste et digne
d'espoir.
Premier chapitre, en forme d'exemple : l'Europe ne parle pas d'une
seule voix sur la scène internationale. C'est un handicap
souvent affirmé, à juste titre. Mais le poids de l'Europe
dans le jeu diplomatique pour l'équilibre de la planète
reste conséquent. Ainsi, les électeurs français
doivent par exemple savoir que l'aide financière accordée
(unanimement) par l'Union européenne au Proche-Orient est
8 fois plus importante que celle des Etats-Unis d'Amérique.
En outre, l'Europe distingue entre l'aide destinée aux gouvernements
et celle qui sert la société civile. Ce qui a permis
par exemple de sanctionner le Hamas en Palestine sans pour autant
couper les vivres aux associations qui oeuvrent ouvertement pour
la paix dans la région. Malheureusement, la cacophonie des
diplomaties européennes, qui jouent chacun dans leur coin,
n'aident pas à la compréhension de l'Europe et à
sa force de conviction en tant que puissance régionale d'équilibre.
La première direction d'un nouveau gouvernement français
fondé sur les valeurs du fédéralisme serait
de proposer à nos voisins cette ambition collective pour
que l'Europe soit unie face aux dangers du monde. Par ailleurs,
que dire des poids respectifs des démocraties d'Europe, prises
isolément, face aux nouveaux géants qui "menacent"
le monde et ses ressources (notamment la Chine).
Le deuxième chapitre nous amène justement à
l'écologie ! Raison d'espérer d'abord : sans l'Europe,
le protocle de Kyoto n'aurait pas vu le jour. Motif de tristesse
: ce protocole est surtout d'un catalogue d'intentions pour limiter
le réchauffement climatique et bâtir une économie
consciente de la fragilité des ressources naturelles qui
sont un bien commun planétaire. Mais la communauté
européenne, qui oeuvre depuis plus de 50 ans pour la protection
du consommateur et la santé - au sens large - de son environnement
a fini par engager son poids sur le terrain de l'écologie
mondiale. Le problème, c'est que chaque pays membre de l'UE
voit les solutions d'un oeil partial et isolé. Ensemble,
nous serions plus forts et plus efficaces. L'indépendance
énergétique de l'Europe, qui rejoint la gestion des
ressources naturelles, réside aussi dans l'instauration d'une
Union politique. Un des projets les plus importants pour l'UE, c'est
de bâtir une écologie commune des ressources énergétiques
pour le Continent, s'appuyant sur les progrès technologiques
et la limitation des excès de l'économie productiviste.
Seule, la France n'y parviendra pas. Dans le domaine de l'écologie,
on ne peut pas véritablement parler de "décadence"
mais plutôt de cadence à trouver pour s'engager sur
la voie d'une union politique européenne efficace, qui donner
à nos enfants des raisons de se réjouir de leur héritage.
J'ai la conviction qu'un gouvernement fédéral européen
serait le mieux placé pour mettre en oeuvre cette cadence.
Le troisième chapitre nous amène à l'économie.
Celle-ci doit être liée intimement à nos choix
écologiques. C'est ce qui a conduit le PF à nouer
des liens de travail avec Génération Ecologie (entre
autres), hors du clivage gauche - droite. La présidente de
GE, France Gamerre, donnera d'ailleurs une conférence sur
ce thème lors de l'université de rentrée du
PF, les 21 et 22 octobre. Le cycle économique que nous vivons
peut sembler décadent, au sens où les notions de travail
et de richesse produite sont en pleine mutation. Non, le travail
n'est pas l'unique destin de l'Homme moderne en Europe. Non, la
richesse n'est pas seulement une production quantifiable en valeur
ajoutée, au sens traditionnel. Il nous faut trouver un modèle
économique soutenable et qui supprime l'exclusion. Je dis
bien "supprime". Car c'est possible. La priorité
des Fédéralistes est d'instaurer un revenu inconditionnel
de base pour tous. Modèle que nous souhaitons pour l'Union
fédérale européenne. Je vous renvoie à
la lecture de notre site pour en savoir plus sur la mécanisme
de sa mise en oeuvre. La place nous manque ici. (www.parti-federaliste.fr)
Enfin, en matière de culture et de rayonnement artistique,
le "déclin" - relatif - de la France et de l'Europe
dans le monde sont probablement liés à l'absence de
gouvernement européen, ainsi qu'à cette nostalgie
- parfois inconsciente - des puissances coloniales que furent des
pays comme la France. Regarder le monde avec modernité, c'est
avoir à l'esprit aussi bien l'urgence de la diversité
que la nécessité de progresser vers la communauté
de nos intérêts. Ce sont là, selon moi, nos
deux axes prioritaires, à l'échelle européenne.
En quelques mots, il me semble que nous devons reconstruire une
éducation fondée sur la diversité linguistique,
le partage des connaissances, le respect de l'autre et la valeur
de la personne sans viser forcément des objectifs de "croissance"
au sens traditionnel et... "décadent" du terme.
Car le modèle que nous connaissons s'écroulera de
lui-même si nous ne voulons pas le réformer.
La réalité mondiale s'impose à nous, la volonté
politique doit donc imposer la meilleure façon de vivre avec
cette réalité.
Christian Chavrier, président du PF, candidat
à la présidence de la République
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