Nicolas Sarkosy prononce
un discours de rupture sur l'Europe

Le ministre français de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy,
a proposé vendredi un "mini-traité" qui
doterait l'Europe dès 2009 "de règles de fonctionnement
efficaces", en attendant une "convention" qui se
réunirait après pour élaborer un nouveau "traité
fondamental".
L'une des priorités du "mini-traité" serait
de "changer la règle de l'unanimité" parce
que "la seule façon de sauver l'Europe politique, c'est
de faire sauter ce verrou", a déclaré M. Sarkozy
dans un discours à Bruxelles, devant la Fondation des Amis
de l'Europe et la Fondation Robert Schuman.
Le favori des candidats de la droite pour l'élection présidentielle
française de 2007 suggère à la place "la
création d'un mécanisme de majorité +super-qualifiée+
qui exigera 70 ou 80% des votes pour qu'une décision soit
adoptée", notamment dans le domaine de "la fiscalité".
Ce mini-traité permettrait également de doter l'Union
européenne d'une "présidence stable", au
lieu de la présidence tournante actuelle, et "la mise
en place d'un ministre des Affaires étrangères de
l'Union".
M. Sarkozy réclame par ailleurs une "réforme
ambitieuse" du financement de l'UE, avec des dépenses
financées "par des ressources européennes et
non plus par les budgets nationaux. Ce sera l'un des dossiers importants
de la présidence française" (2008), a-t-il promis.
M. Sarkozy n'abandonne pas pour autant l'idée d'un traité
"fondamental" plus vaste, à la portée comparable
au Traité constitutionnel rejeté au printemps 2005
par la France et les Pays-Bas.
Pour préparer ce "traité fondamental",
M. Sarkozy imagine un "grand débat démocratique"
après les élections européennes de 2009 plutôt
qu'un "exercice purement diplomatique entre experts ou initiés".
Il prendrait la forme, après les élections européennes
de 2009, d'une "grande Convention dont les membres seraient
désignés après un vrai débat devant
les parlements nationaux (avec) un mandat très large"
pour "nous mettre en situation de rétablir la capacité
de décision" de l'UE.
M. Sarkozy persiste par ailleurs à penser que la Turquie
n'a pas sa place dans l'UE.
Avec "l'espace euro-asiatique et méditerranéen,
la première de nos démarches doit être d'établir
un partenariat privilégié", dit-il avant d'ajouter:
pour la Turquie "nous devons approfondir nos liens avec elle,
mais sans aller jusqu'à l'adhésion pleine et entière".
Il estime plus généralement qu'il faut "fixer
une carte géographique et politique à l'UE",
et que "l'UE est ouverte à tous les Etats qui appartiennent
clairement au continent européen", et de citer la Suisse,
la Norvège, et les Balkans.
Il ne faut "plus procéder à de nouveaux élargissements
tant que de nouvelles institutions n'auront pas été
adoptées".
Enfin, M. Sarkozy propose de réformer, avant le scrutin
européen de 2009, le mode de désignation des eurodéputés,
en permettant "que les listes nationales d'une même famille
politique puissent s'affilier entre elles".
"La France et l'Allemagne pourraient ouvrir la voie"
dans ce domaine, selon lui.
Réaction de Philippe de
villiers
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